Vendredi 4 septembre 2009
Au vu du rétablissement des indices boursiers, voire de leur flambée, on peut se demander si la crise est bien réelle. En effet, elle semblerait ne plus se traduire au travers du niveau actuel des
cours de bourse.
D'un côté, il y a ceux qui considèrent que le rétablissement est somme toute logique puisque l'on observe à peu près au quatre coins du monde une embellie des indicateurs macro-économiques. par
ailleurs, ils arguent que les cours actuels des actions sont en général bien inférieurs aux plus hauts de ces dix dernières années.
D'un autre, il y a ceux qui appliquent des modèles mathématiques et analytiques, calqués notamment sur la crise de 1929. Ils nous rappellent en général que la sortie de crise de 1929, sur le plan
boursier, n'est intervenue qu'en 1937.
D'autres, assez alarmistes et qui ont fait partie en général de ceux qui nous ont mis en garde, plus ou moins tôt d'ailleurs, sur le risque puis l'ampleur de l'éclatement de la bulle formée par les
Subprimes, guident nos regards sur la problématique de la confrontation économico-stratégique entre la Chine et les Etats-Unis.
Selon nous, les premiers font preuve de myopie et font un pari particulièrement risqué. L'outil industriel, seul vrai moteur de profits, est sous perfusion et a été fragilisé : il ne peut donc
repartir de l'avant aussi vite que ne le montre l'indicateur avancé qu'est normalement un indice boursier. Par ailleurs, le rétablissement des indicateurs macro-économiques n'est réel que sur une
période réduite. On peut schématiser aujourd'hui l'économie mondiale comme affaiblie de 10 à 25% (celà dépend du périmètre choisi) par rapport à ce qu'elle était avant l'éclatement de la crise. En
appliquant des modèles mathématiques type PER et PEG aux différents secteurs économiques et aux valeurs boursières, on constate qu'une telle situation n'incite aucunement à acheter aveuglement sur
les marchés actions...
Les seconds manquent de repères et se réfugient derrière cette sorte de boule de cristal que constituent les méthodes analytiques. Il est donc maladroit de les suivre inconsidérèment.
Les derniers, enfin, ont peut-être raison... mais ne sont pas forcément dans le bon timing.
Selon nous, le vrai risque réside aujourd'hui dans le niveau d'endettement pris par la planète (hors Chine et quelques autres) pour enrayer la crise... en ne développant pas des plans de sortie de
crise, la non maîtrise des pouvoirs politiques sur un monde de la finance financière maintenant rengaillardi étant l'une des illustrations les plus criardes de ce dysfonctionnement. Ce risque est
d'autant plus élevé que certains acteurs n'ont pas toute la force industrielle et technique pour rebondir sainement.
Les catalyseurs d'implosion de cette bulle sont la valse des prix des matières premières et des produits en général. Cette valse est alimentée en général par des acteurs "secondaires" ou
intermédiaires (en tout cas pas les clients finaux ni les vendeurs initiaux)... qui d'ailleurs font partie du monde de la finance financière. Interviendra seulement ensuite la Chine et
d'autres pays qui tenteront de sauver une partie des prêts qu'ils auront consentis à ce système économique.
Ce scénario est donc très pessimiste. L'histoire nous a appris que le pire n'est jamais certain... aussi vite que l'on pouvait le craindre. En tout état de cause, ce scénario ne peut nous inciter
qu'à faire toujours preuve d'une grande réactivité pour profiter des aberrations de marchés et pour éviter d'être emporté par une vague scélérate.